Bizarrerie sexuelle souvent associée aux couches (ainsi qu’au caoutchouc ou à d’autres matières imperméables) : « l’enfantillage » encore nommée « bébéphilie ».

C’est le désir qui pousse certains hommes adultes (et le plus souvent d’aspect très viril et chargés de responsabilités), à retrouver entre les mains de l’épouse, de la maîtresse (ou d’une « professionnelle »), mais quelquefois en solitaire pour les plus mal lotis d’entre eux, les émois et les soins de la toute petite enfance.

Dans les courriers des amateurs de ce genre de régression, on trouve toutes les caractéristiques habituellement évoquées à l’occasion d’autres déviances sexuelles :

– le masochisme (pour celui ou celle qui se complaît dans la pseudo humiliation d’être « obligé » de se vêtir ou traité comme un bébé),
– la domination dont la partie sadique sera assumée par celui ou celle qui fait régresser ou punit (liens, fessées, lavements, etc.),
– l’exhibitionnisme et le voyeurisme (présence plus ou moins active de la mère, de la nurse ou des « amies » de celle-ci, tout au moins dans les récits « fantasmés »), l’urolagnie (les couches mouillées),
– le fétichisme du caoutchouc enfin : alèzes, culottes en caoutchouc, porte-couches en plastique ou bambinettes sont les accessoires indispensables à la panoplie du « grand bébé ».

Sous sa forme la plus simple, l’infantilisme a généralement son origine dans un besoin profond de retour à l’enfance, cette seule période de la vie où comme le dit Freud « le bonheur sans tristesse est possible ». C’est aussi l’expression, sous des formes ou des déguisements variés, du désir de l’individu de perpétuer le monde émotionnel de la petite enfance. Un souhait que l’on retrouve pratiquement chez chacun, si normal pense-t-il être, de demeurer, comme Peter Pan ou le petit Poucet, un enfant éternel qui ne veut pas grandir et qui s’accroche désespérément à l’innocence et la sécurité du berceau et à l’amour sans bornes qu’on lui dispensait à cet âge béni.

Mais l’infantilisme ce n’est pas aussi simpliste. Il peut même avoir des résonances plus bizarres :

Par exemple, c’est une caractéristique commune à tous les infantilistes mâles, que de considérer toute partenaire sexuelle comme leur mère. Il n’existe que de très rares cas de véritable infantilisme féminin (chez des « vraies demoiselles » qui ne se sont pas senties vieillir surtout). Un certain nombre de femmes se complaisent à s’habiller en fillettes ou en écolière (jupes plissées, socquettes) mais c’est plus pour exciter leur mari, amant ou client que par véritable vocation personnelle. Tout le reste n’est que fantasme masculin exacerbé.

Parmi les bébéphiles, les amateurs de culottes en caoutchouc, de couches et de tétines représentent d’ailleurs, sans en avoir toujours conscience eux-mêmes, un phénomène psycho-sexuel d’une complexité considérable. Ainsi devons-nous nous intéresser avec beaucoup de réserve à cet ingrédient obligatoire des rêves infantilistes que constitue la jolie bonne d’enfant en uniforme strict et tablier amidonné (ou tout latex, pour les fétichistes du caoutchouc) qui change les couches du héros, poudre ses fesses, (et…tripote un peu ses parties honteuses en passant).
Mais il faut bien l’avouer, c’est souvent ce héros lui-même qui risque de court-circuiter toute tension sexuelle (notamment dans les reproductions photographiques d’assez mauvaise qualité des annonces de revues spécialisées ou des récits amateurs de « courrier des lecteurs ») en montrant ses muscles saillants, sa pilosité disproportionnée, alors qu’il s’exhibe dans son « parc » uniquement vêtu d’une couche culotte distendue, avec une tétine ou une sucette dans la bouche, quand ce n’est pas le bonnet de dentelle sur la tête et le hochet à la main.

Aucune variation sexuelle ne nous parait alors aussi absurde si nous n’en sommes pas adeptes nous-mêmes. Mais soyons indulgents aux autres. Le monde des fantasmes est infiniment varié et mystérieux. Et les hommes ne restent-ils pas toute leur vie des collégiens et même pour certains de grands enfants ? Pour certains de ses adeptes, la bébéphilie touche à tous les souvenirs de la petite enfance.

Cette tendance est souvent liée à des passions ondinistes et à un attrait particulier pour les couches, les langes, les articles d’hygiène et les matières imperméables pouvant aller jusqu’au fétichisme du caoutchouc ou du plastique. Parmi la documentation qu’on peut rassembler sur ce sujet, le personnage bébéphile, aime à coup sûr retrouver telle ou telle ambiance particulière de sa prime jeunesse et ce, dans un but d’auto excitation érotique (et, comme dans sa petite enfance justement, d’autosatisfaction non contrariée).

Certains bébéphiles peuvent avoir diverses tendances et doivent rechercher la combinaison de plusieurs passions simultanément pour aviver leur désir sexuel dévié. On peut à la limite classer dans la catégorie bébéphilie ou plus justement « régression infantile », un couple dont l’homme traite sa femme en fillette ou l’épouse habille son mari en garçonnet, le partenaire étant de toute façon dominé, « infantilisé », materné ou au contraire soumis à des humiliations plus inventives les unes que les autres. Dans cette catégorie, il n’est pas rare de voir également appliquer des « mesures » vexatoires » ou humiliantes et même de véritables punitions comme ligotage, dénudation, fessées, pouvant aller jusqu’à la flagellation au martinet ou avec des orties. Le tout, bien sûr, avec ou sans alèze, couches, culotte en caoutchouc, bambinette et autre combinaison tout plastique anti-pipi (ou anti masturbation…).

Quels sont donc justement les souvenirs favoris du bébéphile qui, selon ses dires avivent plus particulièrement ses étranges désirs ?

1°) la partie vestimentaire

Parmi les accessoires du bébéphile de base, on retrouve le plus fréquemment ceux ayant un contact direct avec les parties sexuelles et causes des premières excitations uro-génitales puis de leur souvenir inconscient ou refoulé. C’est ainsi que les couches en éponge, les langes, les bambinettes, les barboteuses, les slips en coton blanc à côtes (type « petit-bateau »), les culottes en caoutchouc ou en plastique pour énurétiques, apportent l’émoi sexuel recherché. Le bébéphile aimera (ou rêvera de) se faire poudrer le fessier de talc comme les nourrissons (et si possible sur une alèze ou une table à langer), se faire emmailloter dans des couches ou retrouver la mythique culotte de caoutchouc, la bambinette garnie de ouate qu’il se souviendra avoir mouillée et souillée abondamment.

Les porteurs de langes et de couches-culottes imperméables, aimeront tout particulièrement renouer avec l’ambiance humide du nouveau-né (nostalgie du liquide amniotique ?) en refaisant pipi dans l’accessoire d’hygiène choisi. Des « garçonnets  » en culotte courte (souvent d’un mètre quatre-vingt ou plus !) voudront retrouver la délicieuse humiliation d’être sévèrement grondés après s’être, plus ou moins volontairement « oublié » dans leur couche-culotte ou leur lit.

Dans un couple organisé, la femme ou la maîtresse, rejouera le rôle de mère ou de nurse sévère, grondant le délinquant et soumettant le « petit sale » ou le « grand pisseux » à quelques punitions choisies, comme le port d’une couche, d’un change complet recouvert d’une culotte imperméable justement, et en le traitant en « bébé » malpropre. Parmi les fillettes boudeuses et les « bons petits diables » grands modèles combien se croient obligés de recommencer à inonder leur slip en coton (si possible à côtes et boutons) prétexte à être « attrapés » et se voir emmaillotés ou habillés seulement d’une couche-culotte ou d’une véritable bambinette en caoutchouc rose, punition et protection obligatoire de ceux et celles qui se comportent encore comme de vilains garnements.

2°) la literie

Dans le domaine des aménagements domestiques, quel bébéphile n’apprécierait pas de reposer sur une alèze de caoutchouc durant son sommeil, ou mieux encore, pendant ses rapports hétéro (ou homo) sexuels ? Parmi ces adeptes de l’enfance perdue et retrouvée, certains souhaiteront même reproduire la chaude ambiance d’un lit mouillé et n’hésiteront pas à refaire pipi au lit, ce qui les portera, parait-il, au maximum de leur jouissance solitaire ou à deux. D’autres, au contraire, transcendant les mauvais souvenirs un temps refoulés, se remémoreront les punitions et l’humiliation endurée pendant toute la période de leur enfance où ils ont pu souffrir d’énurésie. Par exemple se retrouver à coucher nus directement sur leur alèze, ou encore, le délit découvert (c’est à dire la literie trempée), d’être fessés et ficelés dans la toile caoutchoutée ou plastifiée et obligés d’exhiber les traces de leur délit (draps ou culotte de pyjama trempée) épinglées dans le dos avec une pancarte « je fais encore pipi au lit » ou « j’ai pissé dans ma culotte ».

3°) le passage à l’acte

Les bébéphiles des deux sexes aimeront retrouver les séances de toilette pendant lesquelles leur mère ou leur nurse les plongeait dans une baignoire en plastique ou en toile caoutchoutée. Le contact du caoutchouc tiède, son odeur, l’eau savonneuse, réveilleront en eux des instincts sexuels inaccoutumés ou inassouvis. De plus, l’imagination aidant, les bébéphiles reverront leur maman vêtue d’un tablier imperméable (en plastique ou en toile cirée), portant des gants de caoutchouc ou de latex, brillants objets du désir avec lesquels leur peau nue aimait se trouver en contact. D’autres « bébés adultes » rechercheront aussi le plaisir insolite que leur procurait l’introduction de la canule prolongée par la poire ou le tuyau de caoutchouc des lavements maternels, si redoutés pourtant à l’époque, et essayeront de reconstituer (par anamnèse ?) une jouissance clystérophile.

Les doudous, ninnins, sucettes, hochets, et autres jouets de bébés, qu’ils soient ou non en caoutchouc, avivent aussi le plaisir des bébéphiles : ils aiment les sucer, les mordiller, comme au temps de leur prime jeunesse. Vous le voyez, la ouate, le caoutchouc et le plastique sont incontestablement les compagnons inséparables du vrai bébéphile !

 

bebephilie

 

Article écrit par BIKI pour Abkingdom